Histoire courte : l’ogre COLLA

C’est l’histoire d’un ogre très bizarre, qui n’aimait pas dévorer les petits enfants mais raffolait des entreprises de sous traitance automobile en situation de difficulté, donc sans défense.

Il s’appelait Gianpiero COLLA et vivait en Italie, jusqu’à ce jour funeste où, n’ayant plus rien à se mettre sous la dent dans son pays, il traversa les Alpes, et pour ne pas éveiller les soupçons, s’affubla  d’un masque d’ homme d’affaires très avisé.

Il était  venu accompagné de sa fidèle épouse, Claudia, et de ses complices, les  d’Andréa, Montanti et Blandino et bien d’autres encore ….

Sa première victime fut Métaltemple, une fonderie savoyarde, en redressement judiciaire, notre ogre présenta, alors, sa candidature pour la reprise du site. Et comme il n’avait pas lésiné sur les promesses, c’est lui qui fut retenu en janvier 2008.

Il s’était, en effet, engagé à conserver la quasi-totalité des emplois et à investir 3,5 millions € pour diversifier les ventes.

Mais on ne  vit jamais la couleur de l’argent promis,  et les ventes seront en baisse foudroyante.  Quant au maintien de l’emploi, cela sera de courte durée, à peine 2 ans, puis les plans de licenciements se succéderont.

Malgré ces résultats désastreux, et sans rencontrer la moindre résistance, l’ogre Colla  sera à nouveau retenu pour la reprise d’autres entreprises en difficulté, Beaud mécanique en Haute Savoie et Fumel en Aquitaine.

En 2011, pour secourir ces 3 entreprises en grave difficulté,  26 millions € de subventions seront déversées. Mais tout sera englouti  et les entreprises savoyardes fermeront définitivement en 2013 et celle d’ Aquitaine en 2015.
Qu’est il advenu des 26 millions ?

Il faut, peut être, aller enquêter au Royaume Uni où notre ogre avait installé  une myriade de tanières, des holdings, coquilles vides pour la plupart.

Il faut aussi aller de l’autre coté de la planète, en Nouvelle Zélande, ou l’on retrouve Colla et d’Andréa dans une holding, accompagnés de deux nouveaux complices, des savoyards ex dirigeants de Métaltemple. Tiens, tiens tiens !

Mais revenons en France,  sur la dépouille fumante de Métaltemple Savoie,  Colla créera  MT Technologie qui, deux ans plus tard, sera à son tour, liquidée.

Pire en 2014, l’ogre Colla sera candidat à la reprise de l’ entreprise Altia, vieille de 50 ans, située à la Souterraine dans la Creuse.

Et, à nouveau il sera cru sur parole quand il s’engagera à maintenir la quasi-totalité des emplois.

Pour 3 € symbolique, l’entreprise rebaptisée GM&S Industry France rentrera, en décembre 2014, dans le giron de l’ogre Colla  .

Et une  nouvelle holding verra le jour   au Royaume Uni, GM&S Industry LTD, pour être la maison mère  et recevoir  tous les cadeaux ?

En effet, des aides financières seront versées, 4 millions € de subventions.
Et comme la majorité des entreprises gérées par la clique Colla, la vie sera très courte, à peine 2 ans et demi plus tard, elle est liquidée.

Mais il reste encore une entreprise survivante,  présentée comme un fleuron. Pour combien de temps encore ?

En 2012, nos compères avaient repris une fonderie d’aluminium située dans le Jura, sous traitante automobile, placée en redressement judiciaire.

Sur les 450 emplois, seuls 250 seront conservés et comme d’habitude, une holding avait été créée au Royaume Uni sous le nom de  CMV, les initiales de  Colla, Martins et Vieville, l’ogre et les deux transfuges savoyards.

Dés 2012, les constructeurs automobiles verseront à la société dénommée MBF aluminium, une contribution de 5 millions € non remboursables, l’État accordera une exonération fiscale représentant une économie d’impôt de 2, 2 millions €.

Et à ce jour, l’entreprise, MBF aluminium, parait en bonne santé, des ventes en croissance régulière et des résultats positifs,

Mais il y a une donnée très alarmante, l’existence d’un prêt  sans intérêt  de 13 millions €, accordé par MBF Aluminium . A qui ? Nul ne le sait, pas même le commissaire aux comptes, semble-t-il, ce qui ne l’a empêché pas  de certifier les comptes.

Pour pouvoir  accorder un tel prêt,  MBF  a dû s’endetter et payer des intérêts. Et en 2017, les banques n’ont plus confiance, refusent de prêter, et pour acquérir de nouvelles machines,  MBF Aluminium  est contrainte de recourir au leasing,  un mode de financement coûteux.

Mais qu’attend on pour empêcher de telles malversations et mettre hors d’état de nuire ces pilleurs d’entreprise sans foi ni loi ? Que les premiers de cordées les lâchent ?

SOURCES

Comptes financiers
Bilan et comptes de résultats des sociétés métaltemple Savoie, Beaud, Aquitaine, GM&S et MBF aluminium
Rapport du commissaire aux comptes 2011 Métaltemple Savoie
Rapport du  commissaire aux comptes 2015 GM&S
Rapport commissaire aux comptes 2013 et 2016 MBF aluminium

Articles de Presse
Usine nouvelle 1er décembre 2014 (GM&S)
L’Humanité du 4 juillet 2017 GM&S
Le Progrés du Jura du 4 janvier 2018 MBF aluminium
L’Humanité Dimanche du 11 mai 2018

Site internet MBF aluminium

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